Cambriolage à la fonderie de cloches de Robécourt
3 cloches, soit plus de 750 kilos de bronze, ont été dérobées à la fonderie de cloches - musée de Robécourt.
"Il y a certes la valeur marchande du bronze. Mais le plus impactant pour nous, c'est la perte de patrimoine. Et là, c'est inestimable.". Amère, et dépitée Régine Thomas, présidente de l'association "Fonderie et clochers du pays de Robécourt" au moment de raconter le cambriolage dont a été victime la fonderie de cloches de la commune (voir notre reportage) active de 1847 à1939 et désormais transformée en musée. Dans la nuit du 5 au 6 août dernier, 3 cloches ainsi que de nombreux objets ont été dérobés.

Une première tentative d'effraction la veille
Tout aurait commencé, selon la présidente de l'association et première magistrate de la commune, la veille, le 4 août, où une première entrée par effraction avait été constatée. Prévenus par des voisins, les membres de l'association ont en effet constaté qu'une porte en bois avait été forcée, de même que l'ensemble des portes des bâtiments à l'intérieur de l'enceinte de la fonderie.
"Tout avait été visité" indique Régine Thomas. Immédiatement prévenus, les gendarmes de la brigade de Lamarche se sont donc rendus sur place pour effectuer les constatations d'usage (prise d'empreintes, relevés divers) avant que les bénévoles ne verrouillent à nouveau l'endroit.
DES CLOCHES VOLÉES, ET UN musée sens-dessus-dessous
Mais le lendemain matin : "J'allais à Lamarche pour faire ma déposition chez les gendarmes. Je suis passée devant la fonderie, c'est le chemin. Et là, j'ai vu qu'il n'y avait plus la chaîne ni le cadenas sur la porte principale. Alors j'ai rappelé les gendarmes qui m'ont dit de les attendre pour entrer." raconte Régine Thomas.

A leur arrivée, au moment de pénétrer dans le site, c'est le coup de massue pour la présidente de l'association . "Ils sont entrés par la même porte que la veille, qui communique avec le jardin d'une maison en rénovation, qui n'est pas occupée pour le moment. Ensuite, ils ont dû ouvrir la grande porte métallique du devant, rentrer en refermant derrière eux, et après ça, ils étaient tranquilles à l'intérieur ! Quand je suis rentrée, j'ai vu la porte de la salle du grand four qui était entrebaillée, et la cloche Saint-Martin n'était plus dedans".
Dans un musée entièrement retourné, le bilan se précise peu à peu : trois cloches manquent à l'appel. La première, "Marie", fondue en 1997 pour les 150 ans de la fonderie de Robécourt, une seconde, "Magdalena", de 250 kilos datée de 1921, et la pièce maîtresse, "Saint-Martin", 322 kilos fondue, toujours à Robécourt, en 1889.
D'autres objets ont également été dérobés, parmi lesquels "une couronne d'anse (la partie supérieure qui se fixe à la cloche pour la suspendre dans un clocher NDLR) de 40 kilos". Une grande partie du musée a également été mise à sac. Au total, plus de 750 kilos de bronze ont disparu, mais au-delà de la valeur financière du métal, c'est surtout un pan entier du patrimoine de la fonderie qui disparaît. "Ces cloches ont une valeur inestimable pour nous : elles ont été fondues ici ! La plus vieille en 1889, on ne peut pas chiffrer sa valeur !" ajoute Régine Thomas.
Un coup dur supplémentaire pour l'association
Ce cambriolage vient en effet s'ajouter à la chute d'une poutre en 2024, qui a fragilisé un mur et ne permettait donc plus d'ouvrir le musée au public. Fermé depuis presque deux ans, l'association pensait pouvoir enfin sortir la tête de l'eau par la signature d'une convention le 18 août prochain avec la Fondation du Patrimoine. L'enquête a été confiée à la Gendarmerie de Darney, et est toujours en cours.
T. Hermann
Images additionnelles : Jean-Paul KÖHLER, association "Fonderie et clochers du pays de Robécourt"

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