Double meurtre de Xertigny : le communiqué intégral du parquet.

Publié le Jeudi 3 Avril 2025

COMMUNIQUE DE PRESSE 

DE MONSIEUR LE PROCUREUR 

DE LA REPUBLIQUE D’EPINAL

 

Lundi 31 mars 2025, vers 14h00, les militaires de la gendarmerie étaient requis pour intervenir rue Haut de la gare à XERTIGNY suite à la découverte de deux corps sur la voie publique par des promeneurs.

 

Sur place, les enquêteurs constataient la présence sur la route, peu fréquentée, en zone pavillonnaire et proche de la forêt, d’un homme et d’une femme, sans vie, âgés de 76 ans

 

Des premières constatations, il apparaissait que les deux corps avaient le crâne fracassé, la femme étant en position recroquevillée à proximité d’un muret, l’homme au milieu de la chaussée. A proximité des corps étaient retrouvées plusieurs pierres ensanglantées, de la taille d’un gros pavé, ainsi qu’une canne brisée.

 

Les militaires se rendaient à la porte de la maison située directement en face des deux corps. Un homme, présentant des traces de sang sur ses pieds nus, leur ouvrait et leur indiquait être chez des amis et savoir pourquoi les gendarmes étaient là.

 

Il tentait de refermer la porte et assénait une claque à un des gendarmes, qui procédaient à son interpellation.

 

Aucune autre personne n’était trouvée aux abords ou dans le domicile.

 

Après son interpellation, l’intéressé hurlait à plusieurs reprises, en attendant d’être évacué des lieux. Après la notification de ses droits, il était transporté au centre hospitalier d’EPINAL où était relevé par les autorités médicales une incompatibilité de garde à vue.

 

Cette mesure était donc levée.

 

Madame le maire de XERTIGNY a immédiatement pris un arrêté d’hospitalisation sous contrainte. Le mis en cause était conduit à l’hôpital psychiatrique de RAVENEL où il est toujours admis à l’heure actuelle.

 

De nombreuses constatations ont été réalisées, plus de 25 témoins ont été entendus, par les enquêteurs de la brigade de recherches de REMIREMONT, des techniciens en identification criminelle de la compagnie de gendarmerie, avec l’appui de la Section de Recherches de NANCY, en présence notamment du magistrat du parquet de permanence et du médecin légiste.

 

Il ressort de ces investigations les points suivants :

 

- le domicile où le mis en cause a été interpellé est celui du frère de la femme décédée. Le propriétaire était parti en vacances et avait demandé à sa sœur de garder sa maison. Lors de la perquisition étaient retrouvés un casque SNCF avec une trace de sang ainsi qu’un pantalon noué avec des taches de sang également.

 

- la perquisition d’un local SNCF abandonné attenant à la gare de XERTIGNY, permettait d’établir qu’un individu avait tenté d’allumer un feu avec des appareils électro ménagers, sans succès, ces éléments étaient à mettre en relation avec le témoignage d’un riverain qui avait remarqué le 30 mars, veille des faits, de la lumière et du bruit dans ce local SNCF, ce qui était inhabituel.

 

Les investigations d’ores et déjà menées permettent d’établir la chronologie suivante :

 

  • Le mis en cause a cheminé depuis le local de la gare jusqu’au domicile du frère de la victime en passant par un escalier situé entre les habitations et accessible au public.

 

  • Les faits ont eu lieu entre 13h30 et 14h00, l’horaire initial correspondant au dernier passage de témoins et l’horaire final à la découverte des corps.

 

  • Durant cet intervalle, il n’est pas possible, en l’état, de dire si le mis en cause a pénétré dans le domicile en l’absence des victimes ou en leur présence.

 

  • Le mis en cause, après la commission des faits, a réintégré la maison où il a été interpellé.

 

* * * *

 

Concernant les deux victimes, il s’agit de deux personnes âgées de 76 ans, ne résidant pas habituellement sur la commune de XERTIGNY, la sœur du propriétaire de la maison et un ami de celle-ci.

 

L’homme décédé, Pierre PANON, était prêtre du diocèse de TOUL-NANCY, à la retraite depuis deux ans, il officiait encore, mais pas sur la commune de XERTIGNY. Cette qualité n’était pas apparente et aucun élément ne permet d’établir un lien entre sa qualité et le passage à l’acte.

 

Des premières constatations faites par le médecin légiste, les deux victimes ont subi de violents coups portés sur le crâne.

 

Les autopsies ont été réalisées ce matin à l’institut Medico légal de NANCY.

 

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Le mis en cause n’a pas encore été entendu. Âgé de 34 ans, il est originaire de Mayotte.

 

Lors de son interpellation il n’était pas alcoolisé, mais avait consommé du cannabis.

 

Ayant résidé sur plusieurs communes sur le territoire français, il résidait à EPINAL depuis une date indéterminée.

 

Concernant ses antécédents judiciaires, le mis en cause a été condamné une seule fois par le tribunal correctionnel de SAINT-DENIS DE LA REUNION (signifié à parquet) le 17 mai 2018 pour des faits de violation de domicile et de dégradation du bien d’autrui à la peine de 03 mois d’emprisonnement délictuel intégralement assorti d’un sursis simple.

 

Par ailleurs, il a été impliqué dans huit affaires traitées par plusieurs parquets entre 2009 et 2022.

 

Il est notamment à relever deux cas de violation de domicile (2015 et 2018) et un cas de violence avec arme classés sans suite pour état mental déficient ou pour irresponsabilité pénale.

 

Le mis en cause est examiné ce jour par un expert psychiatre. Il ne serait pas sous mesure de tutelle ou curatelle ; des vérifications sont en cours sur d’éventuels précédents séjours en hôpital psychiatrique.

* * * *

Les investigations se poursuivent dans le cadre de l’enquête de flagrance, dans l’attente de l’audition du mis en cause sous le régime de la garde à vue à sa sortie de l’hôpital psychiatrique.

 

A l’issue, une information judiciaire sera ouverte des chefs d’homicide étant précédé, accompagné ou suivi une autre crime et violences sur militaire de la gendarmerie avec incapacité totale de travail inférieure à huit jours.

 

LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE

Frédéric NAHON

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