Étiquetage géographique du lait : le sénateur Daniel Gremillet juge «invraisemblable que nous revenions en arrière»

Publié le Vendredi 19 Mars 2021

Le Conseil d’Etat ayant récemment annulé des décrets sur l’étiquetage de l’origine du lait, le sénateur vosgien Daniel Gremillet a interrogé mercredi dernier au Sénat le Gouvernement à ce sujet.
'‘Dans sa décision du 11 mars, indique-t--il dans un communiqué, le Conseil d’Etat a jugé illégal d’imposer l’étiquetage géographique du lait au motif que l’administration française n’a pas démontré de lien entre origine et propriétés du lait - ce qu’exige le cadre réglementaire européen pour rendre obligatoire l’étiquetage géographique - mais seulement l’importance que la majorité des consommateurs attachent à l’information sur l’origine du lait. Par cette décision, il a interrompu l’expérimentation de l’étiquetage obligatoire de l’origine du lait, qui devait être menée jusqu’au 31 décembre 2021.

« Ne pas trahir les éleveurs et apporter de la transparence aux consommateurs »


« Il y a vingt ans, la vache folle a traumatisé nos éleveurs et inquiété les consommateurs. » a publiquement dit Daniel Gremillet mercredi au Sénat. « Depuis, des mesures contraignantes ont été prises pour l’affichage. En 2016 et en 2017, le Sénat a été à l’initiative d’un texte sur la compétitivité de l’agriculture, dans lequel il a fait voter un amendement – que j’ai porté – pour la transparence et l’étiquetage. Cette mesure a ensuite été reprise dans la loi dite Sapin II et la France a pu engager, de haute lutte, une expérimentation de l’étiquetage de l’origine du lait ainsi que du lait et des viandes utilisés en tant qu’ingrédient après l’accord donné par l’Union européenne. Aujourd’hui, le Conseil d’Etat casse l’étiquetage alors qu'EGalim et la Convention citoyenne pour le climat prévoient plusieurs dispositions en ce sens et de nouvelles contraintes pour nos agriculteurs. Quelle est la réponse du Gouvernement pour ne pas trahir les éleveurs et apporter de la transparence aux consommateurs ? » (...)
« Il est incompréhensible qu’après quatre ans d’expérimentation, le Gouvernement n’ait pas été capable de pérenniser cette mesure et de sécuriser au niveau juridique et politique son caractère obligatoire au regard des exigences réglementaires européennes. Car c’est bien de cela dont il s’agit : un manquement coupable de la part de l’éxécutif. Il est invraisemblable que nous revenions en arrière sur un sujet aussi central, si ce n’est fondateur, pour nos éleveurs et la reconnaissance de leur travail et de la qualité des produits, mais aussi pour les consommateurs qui demandent une information renforcée, et c’est bien légitime ».  

Le Gouvernement a annoncé qu’il porterait des propositions dans le cadre de l’examen du projet de loi Climat et résilience pour garantir un étiquetage protecteur des consommateurs. Il a, en outre, précisé que la décision du Conseil d’Etat ne concernait pas la viande.

(Photo IPLC)

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