Épinal : Mobilisation de collectifs vosgiens en réponse à l'expulsion des zadistes à Bure

Publié le Jeudi 22 Février 2018

Ce jeudi matin, une cinquantaine de zadistes (militants occupant des « Zones à Défendre ») se sont fait déloger sans ménagement du Bois Lejuc à Bure, avec l'intervention de 500 gendarmes. Une opération placée sous l'autorité de la Préfète de la Meuse, Muriel Nguyen et commandée par l' État.

En réponse à cette action le collectif Vosges Alternative au Nucléaire lance un appel sur sa page Facebook et incite ses membres à se rassembler devant la Préfecture d'Épinal à 18h.

Pour mieux comprendre le projet Cigéo à Bure, retour sur l'historique du site.

Un projet de longue date

L'histoire commence en 1991, lorsque le Gouvernement promulgue la loi Bataille relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs... Avec la multiplication des usines nucléaires il est devenu urgent de trouver des solutions de traitement. Trois ans plus tard, l'ANDRA (Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs mène des campagnes de reconnaissance géologique sur 4 sites validés par le gouvernement. Bure en fait partie. En 2005, suite à des études poussées sur la qualité des sols, l'ANDRA conclut à la faisabilité du projet en stockage profond.

Ce n'est qu'en 2015 que le projet commence à se concrétiser, avec le dépôt d'un dossier de demande d'autorisation. Une décision devrait alors être délivrée en 2018. Si le projet est accepté, l'Agence annonce le début des travaux en 2019 et la mise en service de Cigéo en 2025.

Bure, déclarée Zone À Défendre par les militants

Le projet Cigéo consiste à enfouir les déchets les plus radioactifs et à longue vie (50 000 ans de dégradation) à plus de 500 mètres dans le sol. Inquiètes des conséquences écologiques d'un tel dispositif ,de nombreuses personnes se sont alors rassemblées pour défendre la zone. Les militants décident d'occuper les lieux et de créer une ZAD, à l'image de Notre-Dame-Des-Landes qui contestait la construction d'un aéroport. Parmi les personnes mobilisées en Meuse, de nombreux Vosgiens.

Intervention de l' État, ce jeudi 22 février

Le premier Ministre Édouard Philippe l'annonçait vendredi dernier à Paris : il n'est pas question selon lui de laisser « des zones s'enkyster sur des parties du territoire national ». Et il n'a pas attendu pour agir. Car à l'aube, tout à basculé pour la quinzaine de zadistes présents sur le futur site d'enfouissement à Bure. À 6 heures du matin, les occupants sont délogés par 500 gendarmes conformément aux ordres donnés par l' État.

 Sur le site, certains zadistes se sont perchés dans les arbres (Source : Twitter)

 

 

Parallèlement, la Mairie de la commune a été la cible de jets de pierres et une perquisition a été menée à « La Maison de la Resistance » Au total, trois personnes ont été interpellées. Immédiatement, l'affaire a fait réagir sur les réseaux sociaux.

 (Source : Twitter)

De la même manière, l'association « Vosges Alternative au Nucléaire » a tenu à manifester son soutien sur sa page Facebook.

 Au total, une vingtaine de personnes ont répondu à l'appel du collectif.

 

Anaïs GALL

 

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