Éducation nationale : les syndicats ne décolèrent pas

Publié le Mardi 3 Novembre 2020

Une intersyndicale vosgienne* de l'Éducation Nationale dénonce la gestion de crise mise en œuvre par le Ministre Jean-Michel Blanquer. Une réaction qui fait suite à l'annonce jeudi dernier du nouveau protocole sanitaire dans les écoles.

« Ces nouvelles modalités dérisoires et souvent inapplicables, sans aucun moyen supplémentaire ne correspondent absolument pas à la gravité de la situation et ne répondent ni à l’inquiétude, ni à la colère des personnels. » déplore l'intersyndicale vosgienne dans un communiqué adressé à la presse. Une colère renforcée davantage par la modification de l'organisation, jugée trop tardive, de l'hommage national à Samuel Paty lundi matin : « Ces ordres et contre-ordres, ces décisions de dernières minutes au-delà de laisser les personnels livrés à eux-mêmes quant aux conditions sanitaires de rentrée et à l’hommage de notre collègue assassiné, montrent la méconnaissance et le peu de considération que le ministre porte au travail de l’ensemble des personnels de l’Éducation Nationale. »

Dans son courrier, l'intersyndicale rappelle ses revendications depuis le début de la crise : « l'embauche de personnels pour dédoubler les classes et assurer une désinfection fréquente des locaux et du matériel, abrogation du jour de carence, protection renforcée des personnels vulnérables, dépistage préventif des personnels et des élèves, masques conformes, reconnaissance du Covid 19 comme maladie professionnelle, recrutement de médecins de prévention.... Ces demandes sont restées à ce jour sans réponse. La seule proposition en cette rentrée à risque pour tous est : « ouvrez les fenêtres et faites au mieux ! ». Comme si cela n’était pas fait depuis septembre... Blanquer est-il à ce point déconnecté de la réalité ? » s'interroge-t-elle.

Enfin, les syndicats vosgiens exigent du ministère de l'Éducation Nationale qu'il défende l'école publique et, dans un contexte tendu par l'attentat contre le professeur Samuel Paty, ils demandent l'application des mesures suivantes :

  • Le respect strict de la loi de 1905 de séparation de l’État et des Églises.
  • L’application automatique et systématique de l’article 11 du statut général de la fonction publique qui stipule : « La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu’une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté »
  • L’abrogation de la loi Débré de 1959 qui organise le financement de l’école privée avec de l’argent public
  • Une réelle protection des personnels, en particulier enseignants, face aux pressions extérieures qu’elles soient religieuses, politiques, économiques, associatives, familiales.
  • Des excuses publiques de la part de Blanquer après que celui-ci nous ait comparé à des preneurs d’otages lorsque nous étions en grève en juin 2019, à des organisateurs d’autodafés à l’automne dernier lors de la lutte contre les E3C et suggéré, au printemps dernier, que les enseignants n’avaient rien fait durant le confinement !

*CGT Éduc'action 88, FSU 88, SNFOLC 88, Éducation Sud Lorraine.

Photo tirée de nos archives

Anaïs Gall

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