Chasse : l'association "Oiseaux Nature" interpelle le Préfet

Publié le Mardi 21 Avril 2020

Dans une lettre ouverte, les membres de l'association vosgienne de protection de la faune locale "Oiseaux Nature" interpellent le Préfet concernant l'arrêté d'ouverture-fermeture de la saison de chasse 2020-2021. Dans son courrier, le collectif demande l'encadrement voire l'interdiction de la chasse pour certaines espèces, notamment certains oiseaux menacés.

L'association locale, qui milite depuis 40 ans pour la préservation de l'environnement, s'adresse directement au Préfet des Vosges dans une lettre ouverte. Elle y rappelle qu'en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, la Commission Départementale de la Chasse n'a pas pu se rassembler physiquement, alors que la signature par la préfecture de l'arrêté d'ouverture-fermeture de la saison 2020-2021 de chasse approche à grands pas.

Dans son courrier, Oiseaux-Nature demande alors au Prefet de prendre du recul pour défendre "l'intérêt commun" : "Au regard de sa composition très majoritairement acquise aux chasseurs, ladite Commission ne vous donnera bien entendu jamais une autre position que celle de la fédération de chasse. Cette inféodation ne permet pas à cette commission de prendre en compte l'intérêt général dont vous êtes le garant, ni l’avis de l'opinion publique, ni celui des scientifiques."

Dans sa lettre, l'association demande au Préfet la mise en place de plusieurs restrictions, afin de protéger des especès habituellement chassées dans les Vosges (extrait de la lettre envoyée à la préfecture) :

  • Cas du renard roux :

Cet animal, comme chacun le sait, est un grand consommateur de rongeurs (plusieurs milliers
par an). Les renards mangent notamment les campagnols sur lesquels vivent les tiques qui
peuvent être infectées par la borréliose de Lyme. Des chercheurs néerlandais ont observé qu’en
forêt, plus les renards sont nombreux, moins les tiques sont porteuses de la
bactérie Borrelia. Cela peut aller jusqu'à vingt fois moins selon les zones étudiées.

Or, le département des Vosges est un département forestier à 48% et est très impacté par
la borréliose de Lyme en tant que maladie grave et invalidante, qui plus est très coûteuse.
Les responsables de la forêt privée ainsi que ceux de la forêt publique ne voient pas
l’intérêt d’y chasser les renards. Détruire les renards en milieu forestier nous fait perdre un
allié précieux contre cette maladie infectieuse.
Ailleurs, en milieu agricole, les campagnols de différentes espèces, comme le campagnol
terrestre dont les effectifs sont en forte croissance en ce printemps 2020, représentent un
danger pour les cultures. L’impact économique de leur présence est très important.
Comment comprendre que le renard puisse y être détruit sans limites alors que pour les
ongulés des plans de chasse limitant les prélèvements sont en vigueur.

Aussi, nous vous demandons pour le renard d’insérer dans votre arrêté les mesures de bon
sens suivantes :
- La chasse du renard en forêt n’est pas autorisée.
- La chasse du renard dans le reste du département n’est autorisée que le dimanche
uniquement d’octobre à fin décembre.

Ceci dans un premier temps, en préparant des limitations strictes de destruction de cette
espèce pour les années prochaines.

  • Cas de l’alouette :

La situation de l’alouette des champs continue de se dégrader. Tout prélèvement, même
minime est à la fois injustifiable et ne peut être que très préjudiciable à l’espèce.
Nous vous demandons, comme vous en avez le pouvoir et la responsabilité, de fermer la
chasse à l’alouette des champs, oiseau « quasi menacé » sur la liste rouge nationale depuis
2016 alors qu’elle était auparavant classée « en préoccupation mineure » et pour laquelle
une « chute vertigineuse des effectifs » est constatée. (jusqu’à 80% des effectifs selon les
régions).

Pour information, la chasse de l’alouette des champs est interdite dans le
département voisin du Bas-Rhin.

  • Cas de la perdrix grise :

Pour la survie des derniers individus indigènes de cette espèce dans le département, il vous
appartient d'en fermer la chasse au moins sur les communes où les dernières tentent de
subsister. Pour rappel, l’espèce était présente en nombre sur la plus grande partie du
département il y a encore quelques décennies.
Les chasseurs s’adonnant à une pratique bien cachée et très répandue de lâcher d’espèces
exogènes : perdrix rouges, faisans de différentes espèces ou races, dits « animaux de tir »
n’en seront pas impactés.

Oiseaux-Nature rappelle subsidiairement qu’elle est hostile à ces pratiques occultes et
qu’elle souhaite des précisions concernant les lieux, dates et effectifs des lâchers pour
chacune des espèces concernées ainsi que l’origine de ces animaux de façon à ce qu’elles
puissent être encadrées.

  • Cas de la bécassine des marais :

De plus en plus rare dans le département, sur la liste rouge des oiseaux nicheurs, sa
préservation s’impose immédiatement par un moratoire sur sa chasse.

  • Cas du vanneau huppé :

Cette espèce n'est quasiment plus observée dans le département et ses effectifs sont en
chute libre. Sa chasse ne se justifie plus.

Pour rappel : la chasse du vanneau est interdite dans le département voisin du Bas-Rhin.

  • Cas du blaireau :

Depuis de nombreuses années, nous renouvelons – appuyé par près de 20 000 signatures
papier - la demande d’arrêt de la chasse de cette espèce comme c’est le cas dans le Bas-
Rhin. Les arguments sont clairement explicités et connus dans l’intitulé de cette pétition
visible sur le site de Oiseaux-Nature.

Pour rappel : la chasse du blaireau est interdite dans le département voisin du Bas-Rhin.

Anaïs Gall

 

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