Affaire Laura : « La jeune femme mise à la rue avec son enfant »

Publié le Lundi 13 Mai 2019

Suite de l'affaire Laura Avetysian, une jeune Arménienne en situation irrégulière et qui devait être expulsée en Italie mardi dernier, selon la Préfecture « pays dans lequel elle a déposé une demande d’asile, et seul compétent pour l’instruire ».

 

Laura Avetysian avait été arrêtée par les forces de l'ordre la veille au petit matin, le lundi 6 mai, puis transférée au centre de rétention administratif de Metz, puis à l'aéroport de Roissy, où elle avait refusé de monter dans l'avion. Elle avait dû dans la foulée être hospitalisée après avoir, selon ses dires, été brutalisée par les forces de l'ordre.

Un procédure d'expulsion qui avait beaucoup fait réagir et dont la Préfecture avait justifié la légalité, vendredi, en ces termes : « Le juge des libertés et de la détention n’a relevé aucune atteinte aux droits fondamentaux. Sa décision de remettre en liberté Madame Avetysian est fondée sur un vice de forme juridique. »

 

Nouvelle réaction ce week-end, celle de Jean-Louis Didelot, de l'association Asil'accueil 88 :

« Le préfet cherche à se dédouaner de sa responsabilité dans l’arrestation et le placement en rétention de Laura Avetisyan. A la lecture de la décision du juge des libertés de Meaux rendue le 8 mai, il est clair que d’une part le préfet ne s’est pas livré à un simple ''vice de forme juridique'' comme il le prétend, mais a sciemment (…) court-circuité la justice, niant le principe de la séparation des pouvoirs et par suite la reconnaissance des libertés individuelles; que les conditions d’arrestation au domicile et le placement en rétention sont de ce fait déclarées irrégulières. Et curieusement, le préfet omet de citer la fin de la phrase : ''sans qu’il soit besoin d’examiner les autres motifs'', ces derniers concernant justement les atteintes aux droits fondamentaux à travers notamment l’incarcération d’un bébé de 11 mois.
En ce qui concerne le transfert en Italie où Laura Avetisyan serait censée avoir déposé une demande d’asile, rappelons ce n’était absolument pas son pays de destination, mais qu’il lui était impossible de quitter l’Arménie sans visa, que la procédure dite Dublin est une stratégie de l’Union européenne pour se débarrasser des migrants, l’Italie se trouvant de ce fait dans l’incapacité de gérer les exilés qui transitent sur son territoire, d’où la réexpédition vers le pays d’origine. CQFD.
Quant à écrire que Madame occupait indûment un logement (à savoir un studio dans un foyer), que n’attend-on pas pour faire avancer le traitement des demandeurs d’asile, actuellement verrouillé, et surtout leur donner accès au travail, mesure de simple bon sens, plutôt que de maintenir des familles dans l’inexistence sociale ?
A noter que, de retour sur Epinal vendredi, Laura Avetisyan s’est trouvée mise à la rue avec son enfant, la Fédération médico-sociale ayant fait changer les serrures de l’appartement et le 115 ayant reçu des ordres de la Préfecture pour refuser toute prise en charge. Belle conception de la République et de sa devise de fraternité ! 
»

 

Ludovic Bisilliat (avec communiqué)

 

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